Tussilage

Famille : Asteraceae

Nom latin : Tussilago farfara L.

Synonymie / Noms régionaux : Pas d’âne

Caractères botaniques :

Tussilago farfara est une plante vivace de 10 à 30 cm, géophyte dont la souche est composée de rhizomes très courts. La floraison apparait de février à avril, avant la feuillaison. Pollinisée par les insectes, elle est ensuite dispersée par le vent. Le tussilage est une espèce pionnière.

Les fleurs, capitules jaunes solitaires de 12–15 mm de diamètre, sont dressées sur des hampes aux écailles pourprées, demi-embrassantes et couvertes de poils cotonneux. Les hampes se penchent après la floraison.

Les feuilles sont toutes basales, pétiolées et polygonales, montrant un feutrage blanc à la face inférieure et un vert clair sur la face supérieure. Ces feuilles peuvent atteindre 20 cm de diamètre. Elles apparaissent après la floraison, et feuilles et fleurs ne sont pas présentes en même temps.

Les fruits sont des akènes munis d’une aigrette à la manière des astéracées.

Caractères culturaux :

Le tussilage est une espèce héliophile et pionnière, sociale (souvent trouvée en groupes) et dans un premier temps éliminatrice de la concurrence, mais moins que le pétasite qui peut former 100 % de la couverture végétale sur les bords de fossés où il s’est implanté. Le tussilage apprécie les sols pauvres en humus, riches en bases dont le pH est basique à très légèrement acide. Il apprécie les sols constitués de limons ou d’argile, assez frais voire avec des ruissellements. Il manque çà et là sur les sols siliceux ou très acides1. Le tussilage résiste aux embruns.

Usages tinctoriaux :

Les feuilles du tussilage teignent la laine en jaune-verdâtre avec de l’alun et en vert avec du sulfate de fer.

Usages culinaires :

Les capitules floraux sont comestibles crus ou cuits.

Les feuilles sont également comestibles. Très jeunes, elles peuvent se consommer crues, en particulier leur pétiole qui est juteux. Rapidement, les feuilles deviennent caoutchouteuses et seront meilleures cuites (particulièrement en beignet)

La cendre des feuilles séchées et brulées crée un succédané du sel. Elle a été utilisée comme condiment.

Plante à fumer :

Le tussilage est un succédané passable du tabac. Il est conseillé de laisser fermenter les feuilles après les avoir empilées puis de les sécher. Botan (1935) conseille aux fumeurs un mélange à part égale de feuilles sèches de tussilage, de marronnier et d’aspérule odorante : les faire macérer dans de l’eau fortement sucrée au miel. Les refaire sécher, les comprimer et les découper finement comme du tabac. Deux parties de ce mélange ajoutées à une partie de tabac ordinaire compose un mélange à fumer délicat. Fumées, les feuilles de tussilage sont conseillées par P. P. Botan contre l’asthme et le coryza.

Usages médicinaux :

Le tussilage est un adoucissant, un émollient, un anti-tussif et un expectorantL’infusions de feuilles ou de fleurs est utilisée en cas de toux, de bronchites, de trachéites et de rhumes. Mais ce sont surtout les fleurs qui sont employées en infusion ou en sirop. On utilise également les fleurs en teinture mère en cas de maladies pectorales, bronchites et crises d’asthmes allergiques. La teinture mère de feuilles, quant à elle est utilisée en usage externe en cas d’abcès et kystes et en usage interne en cas de diarrhées.

La plante renferme, en faible quantité un alcaloïde pyrrolizidinique, la senkirkine, toxique pour la cellule hépatique. Pour certains spécialistes, les doses médicinales courantes sont sans risques mais il faut éviter les traitements excessifs et prolongés. C’est pourquoi, elle est déconseillée pendant la grossesse, l’allaitement et ne convient ni aux enfants de moins de 6 ans ni en cas de maladie du foie. D’après F. Couplan, cet alcaloïde serait détruit par l’ébullition.

 

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