Rose de Provins

Famille : Rosacées

Nom latin : Rosa gallica officinalis

Caractères botaniques :

Rosier de petite taille dont les feuilles, composées de cinq folioles dentelées, vert franc, contrastent nettement avec la couleur de ses fleurs veloutées rose vif. Ses tiges, vertes également, sont munies de petits aiguillons très acérés.

Histoire :

La légende voulait que vers 1240, de retour de croisade, Thibaut IV, comte de Champagne et roi de Navarre, aurait introduit en France une rose d’une excellente qualité dont il aurait fait d’importantes plantations aux environs immédiats de Provins.

Les roseraies de Provins devinrent bientôt célèbres et l’utilisation de la rose fut extrêmement fréquente en médecine, dans les cérémonies religieuses et profanes.

Cependant Charles Cochet-Cochet (1866-1936), rosiériste, horticulteur et historien local distingué, contesta en 1933 la légende de la rose de Provins. Pour lui, le comte de Champagne n’a pas importé la fleur en France car cette « rose de Provins » est en réalité la rosa gallica qui est courante en France1.

Dès la fin du XVIIIe siècle, Opoix se plaignait que des roses rouges de toutes provenances usurpaient la rose de Provins en pharmacie et en parfumerie et suspectait quelques cultivateurs cupides d’avoir vendu des plants de la rose de Provins pour avoir un bénéfice considérable.

Ce plant fournit des roses en quantité et vendues à des prix importants, il finit par concurrencer et par ruiner le commerce de la vraie rose provinoise tombée en état de langueur peu avant la Révolution.

Les roses utilisées au début du XIXe siècle par les parfumeurs parisiens étaient des roses de Damas cultivées à Puteaux, plus proche de la capitale que Provins, pour l’approvisionnement en fleurs fraîches1.

Usages médicinaux :

Avec les roses de Provins, on faisait de nombreux produits utilisés comme remèdes. La recette est donnée par deux médecins, Charles Estienne et Jean Liebault en 1583. Elle consistait à distiller de l’eau de roses de Provins avec des roses blanches dans des récipients de verre et non de plomb afin de garder l’odeur et la saveur des fleurs.

L’infusion, aussi appelé sirop de roses, avait la réputation de guérir certains maux de ventre, et d’être utile aux fièvres tierces, à la jaunisse, à désopiler le foie et à la palpitation du cœur.

L’onglet des pétales, en décoction, était utilisé dans le but d’arrêter toutes sortes de flux, tout comme le gobelet, la graine et la laine contenues dans le bouton à rosé, comme ce bouton séché et réduit en poudre, pris dans du vin vermeil austère (qui est un gros vin rouge âpre et vieux).

Les provinois en faisaient un médicament connu sous le nom de conserve liquide et une conserve sèche, plus fantaisiste que médicinale. On vendit longtemps roses sèches et conserves aux grandes foires de Champagne et de Brie d’où elles passaient dans tout le royaume de France, à l’étranger jusqu’en Orient.

 

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