Noyer

Famille : Juglandacées

Nom latin : Juglans regia L.

Caractères botaniques :

Les Juglans sont des arbres de grande taille, à feuilles caduques, glabres, alternes, imparipennées avec des folioles aromatiques de saveur amère et astringente, à branches très ramifiées, à la cime large et touffue. Ce sont des plantes monoïques à sexes séparés, à pollinisation anémophile.

Les fleurs petites verdâtres sont unisexuées.

Les fleurs mâles (staminées) sont groupées en épis ou chatons allongés, elles comptent jusqu’à 36 étamines.

Les fleurs femelles (pistillées) sont réunies par groupes de 2 à 4, elles ont un stigmate bilobé.

Les fruits sont généralement des drupes indéhiscentes, à endocarpe sclérifié, contenant une seule graine à cotylédons développés et riches en matière grasse, le fruit qui pousse sur l’arbre est la noix.

Caractères culturaux :

Le noyer est une espèce thermophile, cultivée autrefois pour sa ressource oléagineuse (noix récoltées en octobre-novembre) et son bois dur, en particulier pour l’ameublement. Par exemple, en Alsace et dans la plaine rhénane, s’il était rare dans les plaines lœssiques, il résistait bien isolé dans les finages d’Outre-forêt, les collines sous-vosgiennes, les glacis de piémont vosgien souvent couvert de vignobles, voire dans le Ried s’il était au sec et dans les terrasses rhénanes limoneuses d’Eschau et de Rhinau.

Le noyer commun peut pousser jusqu’à 1 000 m d’altitude en zone tempérée, mais il lui faut un emplacement à l’abri des vents forts. Il tolère les sols légèrement acides à calcaires alors que le noyer noir nécessite des terrains frais et légèrement acides. Le noyer est un arbre facile d’entretien mais il a besoin d’un sol riche. Il faut surtout veiller à ce qu’il ait assez d’eau au mois de juin car s’il en manque, les noix seront petites. C’est aussi le moment où se prépare l’induction florale (les futures fleurs de l’année suivante). Une sécheresse à ce moment précis compromet donc aussi la récolte de l’année suivante.

Le noyer n’apprécie pas la taille. On se contentera donc de tailler les bois morts à la fin de l’automne si on veut éviter les écoulements de sève.

Les feuilles de noyer produisent du juglon qui après lessivage par les pluies, par un phénomène d’allélopathie, empêche les autres plantes de pousser autour du noyer. Toutes les plantes ne sont pas affectées négativement par la juglone. Myosotis, Pachysandra terminalis, Barbe de bouc (Aruncus sylvester), alchémille, hosta, heuchère, bugle rampante (Ajuga reptans) et la majorité des bulbes peuvent constituer un joli décor au pied de cet arbre.

Une étude américaine indique que les vergers de noyers où sont aussi plantés des Elaeagnus umbellata ou des aulnes glutineux (Alnus glutinosa) ont une production de noix augmentée de 20 %. Cela est dû à l’azote apporté dans le sol par ces espèces.

Symbolique :

Le noyer empêche la croissance de plantes qui poussent dans son voisinage : la pluie emporte avec elle un composé, le juglon, secrété par le noyer qui s’oxyde une fois au sol. Cette substance, présente dans les feuilles et l’écorce, inhibe la germination des graines et perturbe la croissance des autres plantes. Cet effet d’inhibition de la rhizosphère est peut-être à l’origine de la superstition populaire qui dit que se coucher sous un noyer est dangereux (risque d’être visité par le Diable, l’odeur forte du noyer étant jadis réputée provoquer des nausées, céphalées). Dans la même optique, Olivier de Serres rapproche nux du verbe latin nocere, « nuire », il est recommandé par exemple ne pas tailler des statues de la vierge dans son tronc ; refuge pour les sorcières, les bancs de brume matinale entourant les noyers sont interprétés comme les dessous abandonnés par ces sorcières.

Jacques Brosse rapproche le nom en grec ancien du noyer (karya), des Kères, divinités infernales. Dans la mythologie grecque, Karya était la plus jeune des filles du roi Dion, métamorphosée par Dionysos en noyer. Il existait à l’époque pélasgique une divinité nommée Kar, ou Ker, qui donna son nom à la Carie, et qui devint ensuite Artémis Karyatis.

Ces superstitions n’empêchent pas le monde médiéval d’utiliser tous les produits du noyer : bois en ébénisterie ou pour fabriquer les meilleurs sabots, brou de noix comme colorant pour fabriquer des encres brunes ou comme teinture du bois, des étoffes et des cuirs, écorce, feuilles dépuratives, antiscrofuleuses et antituberculeuses, huile de noix vermifuge.

Usages:

Les noyers sont largement cultivés en Europe pour plusieurs utilisations tel que le parquet, les escaliers et les aménagements intérieurs, les meubles et la boissellerie.

Le bois

Ils produisent un bois franc à faible densité ou de type feuillu mou, agréablement veiné et coloré. de couleur rouge qui attire les fourmis.

Très réputé en ameublement et placage, il est également recherché en sculpture pour le contraste entre son aubier gris clair et son cœur brun foncé.

Les racines du noyer sont utilisées sous le nom de ronce de noyer.

Les fruits

Dans les noix, ce sont principalement les amandes, appelées cerneaux, qui sont consommées fraîches ou en tant que fruit sec. Elles sont aussi triturées pour obtenir une huile alimentaire, l’huile de noix.

Les noix entrent également dans la confection du vin de noix (fait avec de l’alcool). Elles sont alors ramassées très jeunes (avant le 21 juin), quand il est encore aisé de percer la chair1.

Maria Treben, qui en donne la recette médicinale, recommande cette eau-de-vie de noix pour purifier estomac, foie et sang ; et combattre gastrathénie et putréfaction intestinale1.

Le brou

La chair qui entoure le noyau est utilisée en décoction pour obtenir une teinture en menuiserie (c’est lui-même qui teinte les doigts du ramasseur de noix).

Feuilles et jeunes pousses

Elles peuvent être macérées dans de l’alcool pour servir de base au vin de noix.

Maria Treben recommande des lavages ou bains de décoctions de feuilles en usage externe pour les maladies rachitiques et scrofuleuses, caries et gonflements des os, et ongles suppurants des doigts et orteils, exanthèmes purulents, stomatites nécrosante, acné, pertes blanches, transpiration des pieds, et engelures (décoction forte). Des rinçages de bouche avec cette décoction aideraient contre les pharyngites et gingivites. Elle recommande également cette décoction en lavages contre les teignes du cuir chevelu, gales, et croûtes de lait ; une décoction forte lutterait contre les poux1.

En usage interne les feuilles sont employées sous forme de tisane pour les troubles de l’appareil digestif, la constipation, l’anorexie, la dépuration, le diabète et la jaunisse.

 

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