Henné

Famille : Lythracées

Nom latin : Lawsonia inermis

Caractères botaniques :

L’henné (Lawsonia inermis) est un arbuste épineux de la famille des Lythracées pouvant atteindre 6 m de haut.

Caractères culturaux :

La région d’origine du henné correspond à la savane tropicale et aux régions arides des zones aux latitudes comprises entre 15° et 25° aussi bien Nord que Sud, depuis l’Afrique jusqu’à la zone ouest Pacifique, elle a les meilleures qualités tinctoriales quand elle est cultivée dans les températures comprises entre 35 °C et 45 °C. Pendant la saison humide, la plante croît rapidement en émettant de nouvelles pousses, puis croît ensuite plus lentement.

Les feuilles deviennent jaunes petit à petit, et tombent pendant les périodes sèches ou fraîches.

Le henné ne prospère pas lorsque les températures minimales sont inférieures à 11 °C, la plante meurt si la température est inférieure à 5 °C. La plante est produite pour être vendue aux Émirats arabes unis, au Maroc, en Algérie, au Yémen, en Tunisie,en Libye, en Arabie saoudite, en Égypte, en Inde occidentale, en Irak, en Iran, au Pakistan, au Bangladesh, en Afghanistan, en Albanie, en Turquie, en Érythrée, en Éthiopie, à Djibouti, en Somalie et au Soudan. Actuellement, la région de Pali au Rajasthan est la plus grande zone de production en Inde avec plus de 100 producteurs dans la ville de Sojat.

Usages :

Il est utilisé à de multiples fins :

cosmétique : Il est réputé embellir la peau (par coloration) et en l’adoucissant (Au hammam le henné est encore fréquemment utilisé pour adoucir la peau ou on le mélange au savon noir pour le répartir sur l’ensemble de la peau avant le rituel du gommage).

Certains produits bronzants en contiennent, au Brésil par exemple (Kuchard 2003) ;

dermatologique : Il était réputé purifier, nettoyer la peau et faciliter la cicatrisation ;

teinture capillaire : le henné peut aussi être appliqué sur les cheveux, pour les teindre ou leur apporter des nuances ; il est réputé anti pelliculaire et anti séborrhéique ;

tatouage : le henné fait partie, dans le Maghreb ; au Maroc en Algérie en Tunisie en Mauritanie, mais aussi en Inde, de l’arsenal de la séduction féminine, sous forme de tatouages définitifs ou éphémères constitués de signes traditionnels protecteurs, magiques ou prophylactiques (agencement d’idéogrammes et signes pictographiques) et plus ou moins symboliques, autrefois notamment appliqués par des femmes sur des femmes sur le dos et/ou la poitrine et aujourd’hui sur les pieds et les mains (sous forme de tatouage traditionnel ou de tatouage de fantaisie ; Le visage des femmes, berbères, notamment était tatoué depuis la période pré- islamique de manière à éloigner le mauvais sort ou à afficher un statut social, celui d’épouse par exemple. Il servait également à se démarquer culturellement des arabes ;

parfumerie : avec un parfum extrait de ses fleurs en longues grappes, qui serait jugé peu agréable par les européens, mais apprécié des Tunisiens et au Proche Orient où un buisson fleuri de henné est apprécié dans les jardins urbains ou de cour. L’odeur est puissante et extrêmement diffusible et « rappelle, lorsqu’elle est diluée et perçue de loin, celle de plusieurs fleurs blanches, le troène ou l’aubépine, mais qui donne, lorsqu’elle est dense et perçue de près, une impression très vive de sperme, de mucus vaginal, ou de liquide amniotique. Il semble que cette note particulière est due à la présence de l’aldéhyde alpha-amyl-cinnamique qui sans doute n’existe pas dans les liqueurs animales… » ;

thérapeutique : il est réputé soigner les ongles malades (usage externe uniquement) et tuer les poux (usage externe uniquement). Ses feuilles sont depuis longtemps utilisées pour traiter les cicatrices jaunes, de l’amibiase. La feuille réduite en poudre (pilée et tamisée) a des effets antimicrobiens, antifongiques, bactériostatiques et antispasmodiques (Khorrami1979). Les médecines traditionnelles arabes et d’Inde l’utilisent aussi (feuille et/ou racines) pour déclencher l’accouchement et en décoction (feuille + racine) contre certaines diarrhées. En Côte d’Ivoire et au Nigeria, la feuille sert aussi contre la trypanosomiase. La poudre de ses feuilles humectées d’eau forme une pâte réputée astringente pour la peau, cicatrisante pour les blessures, les contusions et la plaie ombilicale du nouveau-né. Elle est aussi utilisée, sur les cheveux, contre les infestations de poux. Elle serait aussi « un résolutif des entorses, luxations, fractures et étirements des ligaments ». Le henné est utilisé en infusion contre les ulcères, certaines diarrhées, la lithiase rénale et comme collyre pour certaines ophtalmies. Selon la médecine traditionnelle, il aurait une vertu « froide » combattant les maladies « chaudes », par exemple en cataplasme sur la tête (front et tempes, il calmerait les maux de tête et les migraines). Mélangé à du beurre il donne un pommade qui calmerait les brûlures et soignerait certains boutons (de varicelle notamment) ;

maroquinerie : il teinte les cuirs et peaux et pourrait être une alternative à des colorant toxiques (métaux lourds) ;

teinture artisanale (des laine et soies) nécessitant des mordants et fixateurs (traditionnellement : alun, tartre et sulfate de fer (voir J. Bellakhdar, ibid.) ;

usage magique vétérinaire : au Maghreb, les queues, fronts ou flancs de chevaux, vaches ou chameaux sont parfois teints de signes conjurateurs et protecteur contre les maladies ;

le henné est très souvent utilisé pour couper le haschich ;

l’extrait aqueux de feuilles de henné a été testé avec un certain succès comme inhibiteur de corrosion d’électrodes faites en certains métaux (acier, nickel et zinc) en solution acides, neutres et alcalines, d’autant plus que la concentration en extrait est élevée, avec des variations selon le métal utilisé et l’acidité du milieu ;

des extraits de feuilles ont montré une activité bactéricide sur deux bactéries phytopathogènes, Pseudomonas savastanoi (Bactériose de l’olivier) et Agrobacterium tumefaciens.

 

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