Curcuma

Famille : Zingibéracées

Nom latin : Curcuma longa

Caractères botaniques :

Le curcuma est une plante vivace, herbacée, à courtes tiges qui peut atteindre une taille de 1 mètre. Elle possède de nombreux rhizomes aromatiques, ellipsoïdes ou cylindriques, de couleur jaune à orange à l’intérieur.

Ses larges feuilles, oblongues ou elliptiques, lancéolées, sont alternées et réparties en deux rangées. Elles sont uniformément vertes, jusqu’à 50 cm de long et large de 7 à 25 cm.

Ses épis peuvent mesurer jusqu’à 20 cm. Ses fleurs sont stériles, mais le bouturage spontané des rhizomes permet la propagation.

Le Curcuma longa ne supporte pas les sols gorgés d’eau, requiert un grand ensoleillement et un sol très fertile. Il est particulièrement adapté aux régions soumises à la mousson et aux forêts de feuillus comme les forêts de teck.

Caractères culturaux :

La récolte des rhizomes de curcuma peut commencer quand la tige commence à sécher. Cela se produit environ 7 à 8 mois après la plantation. Les rhizomes sont retirés du sol et laissés au repos quelques heures pour stabiliser le taux d’humidité. Ils sont ensuite triés et nettoyés à l’eau (par immersion, agitation ou aspersion).

Usages tinctoriaux :

Etant une plante tinctoriale notoire, le curcuma est utilisé dans l’industrie textile comme teinture jaune orangé. Il teint le coton, la laine et la soie1, sans mordant, même si son pigment est très sensible à la lumière et se décolore facilement. La teinture de curcuma est traditionnellement utilisée pour le costume safran des sâdhus ou des moines bouddhistes[réf. nécessaire].

En Grèce antique, les péplos portés pendant les Panathénées étaient teints avec du curcuma.

En France, l’usage du curcuma pour les teintures13 se répand au XVIIIe siècle, principalement pour sa très belle couleur jaune, bien qu’elle ne tienne pas longtemps.

En Polynésie Française (archipel des Gambiers), le Curcuma longa servait à la teinture des costumes traditionnels de cérémonies, les tapa.

Usages médicinaux :

Usages traditionnels

La médecine traditionnelle indienne (médecine ayurvédique) utilise le rhizome de Curcuma longa depuis l’antiquité, notamment pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.

En médecine chinoise, le rhizome de Curcuma longa est traditionnellement utilisée pour traiter les douleurs et les tumeurs induites par le Qi[précision nécessaire] et la congestion sanguine9.

La médecine occidentale connaît, depuis au moins le XVIIe siècle, des usages au rhizome de curcuma : flatulence11, néphrétique11,22, inertie de la bile11, accouchement difficile11, aménorrhée11,21,22, scorbut11,21,22, ou encore hydropisie21,22, jaunisse21,22. En Europe, la racine de safran est d’ailleurs connue pour ses usages en médecine, alors qu’elle sert d’épice pour assaisonnement des plats dans les Indes, selon un document administratif de la ville de Paris datant de 178113.

Ainsi, au niveau mondial, l’OMS identifie certains usages traditionnels pour le Curcuma longa : traitement d’un ulcère gastro-duodénal, douleurs et inflammations dues à une arthrite rhumatoïde, aménorrhée, dysménorrhée, diarrhée, épilepsie, douleur et maladies de la peau2.

Le curcuma est reconnu dans les médecines traditionnelles indiennes et chinoises26 et en Occident pour ses propriétés antioxydantes. Il aide l’organisme à lutter contre le stress et à maintenir l’efficacité des défenses naturelles. Il est également utilisé depuis très longtemps comme anti-inflammatoire par la médecine ayurvédique indienne. C’est probablement l’anti-inflammatoire naturel le plus puissant identifié à ce jour.[réf. nécessaire]

Inhibiteur du développement de cancers

Le potentiel des propriétés du Curcuma longa dans la prévention du cancer ont été étudiées depuis 1985 avec Kuttan9,27 : les résultats de ces expériences in vitro et in vivo sur des souris ont montré une réduction du développement des tumeurs avec les extraits de curcuma et son composant actif, la curcumine.

De très nombreuses études ont été menées par la suite sur les effets inhibiteurs du curcuma et de son principe actif la curcumine sur le développement de nombreux cancers9,28,29 : côlon30, foie31, poumon32, ovaire, sein33, leucémie, prostate34,35, estomac36, pancréas37. Toutes ces études tendent également à montrer que la curcumine a un fort potentiel en tant qu’agent adjuvant en chimiothérapie9,38.

Le curcuma est identifié comme agent de chimioprévention efficace des cancers colorectaux chez les rongeurs (essais cliniques chez des volontaires en cours39).

Les premières conclusions de ces études ont conduit certains organismes (comme l’American Cancer Society) à préconiser l’utilisation du curcuma de manière préventive contre le cancer40,41,42.

Mais il peut jouer aussi un rôle dans la prévention du cancer : à âge égal, les Indiens ont huit fois moins de cancers du poumon que les Occidentaux, neuf fois moins de cancers du côlon, 5 fois moins de cancers du sein et jusqu’à dix fois moins de cancers du rein. La différence pourrait être attribuable à leur consommation élevée de curcuma, laquelle est en moyenne de 1,5 à 2 g de curcuma par jour (l’équivalent d’un quart à une demi-cuillère à café).[réf. nécessaire]

Le documentaire Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin se termine sur une conférence sur le cancer à Bhubaneswar dans la région indienne d’Odisha, où selon Marie-Monique Robin personne n’aurait contracté de cancer hormis ceux liés au tabagisme.

Le cancer du côlon est statistiquement moins présent dans les aires où on le consomme régulièrement.[réf. nécessaire]

La turmérine, autre composant de l’épice, semble également avoir des propriétés anti-oxydantes43.

Phytothérapie

Le curcuma est utilisé en phytothérapie (dans le traitement de l’hypercholestérolémie par exemple44, ou encore en traitement alternatif pour la spondylarthrite ankylosante).

L’European Medicines Agency a identifié le Curcuma longa comme une plante pouvant être utilisé en tisane pour soulager les digestions difficiles45.

Le jus de curcuma obtenu à partir des rhizomes frais, conserve les phytonutriments fixes (curcumine, turmérine…) et volatils (l’huile essentielle présente dans le jus de curcuma frais semble favoriser la biodisponibilité des curcumines dans l’organisme). Depuis des siècles, l’utilisation traditionnelle du curcuma frais en Asie du Sud-Est, lieu à l’origine de la découverte des bienfaits du curcuma, n’a jamais fait l’objet de la consommation d’une seule molécule isolée (curcumine) mais de tout le rhizome.[réf. nécessaire]

Autres effets notables

Le curcuma est considéré comme un alicament naturel. Son activité thérapeutique est décuplée en présence de poivre (pipérine), sa biodisponibilité étant ainsi augmentée46.

Les effets du curcuma sont étudiés dans son rôle protecteur contre la maladie d’Alzheimer1,47, contre le Diabète de type 248,49 et d’autres troubles cliniques50,51. En effet, la curcumine pourrait également aider à stimuler les cellules du système immunitaire qui engloutissent les protéines du cerveau qui marquent la maladie d’Alzheimer.

Le curcuma pourrait améliorer la mémoire des personnes présentant un risque de déficience cognitive lié au diabète.

Son efficacité dans les syndromes dépressifs majeurs n’est pas démontrée.

Le curcuma est utilisé comme médicament traditionnel pour le traitement des maladies de peaux, en particulier en Inde et à l’île Maurice dans le traitement de la gale.[réf. nécessaire]

Effets indésirables notables

Les effets positifs du curcuma sont à relativiser car les nombreuses études en cours cherchent à comprendre les effets de la curcumine, de la turmérine, et les capacités d’absorption du curcuma par le corps humain.

Usages culinaires :

Épice

Le rhizome de curcuma est une tige souterraine vivace, généralement à peu près horizontale, émettant chaque année des racines et des tiges aériennes. Cependant séché et réduit en poudre, elle est utilisé comme épice. Sa saveur est poivrée et très aromatique.

La préparation de la poudre consiste à faire blanchir les rhizomes pendant 1 à 3 minutes (pour retirer les éventuels champignons et moisissures ; éliminer les mauvaises odeurs et mauvais goûts ; pour éliminer l’air des rhizomes afin d’éviter l’oxydation pendant le stockage), les faire sécher au soleil pendant 10 à 15 jours (ou dans un séchoir à 65°C), puis les moudre56.

Il entre dans la composition de mélanges d’épices de la cuisine indienne :

Le curcuma entre également dans la composition de mélanges d’épices dans :

Plats cuisinés à base de curcuma

Le curcuma est aussi largement utilisé dans les cuisines du monde :

Colorant alimentaire

L’oléorésine de curcuma est extraite par solvant des tumérols (rhizomes de Curcuma Longa L. concassés en poudre) et purifiée par cristallisation. Elle donne deux colorants alimentaires : E100(i) (curcumine) et E100(ii) (curcuma)60.

L’usage du curcuma comme colorant alimentaire remonte au moins au XVIIIe siècle, où il était utilisé par les droguistes pour falsifier certaines substances (huile de palme, huile d’œufs, sirop de chicorée)61.

Conservateur alimentaire

Le curcuma a longtemps été utilisé comme conservateur alimentaire par les Indiens. Le pigment jaune du rhizome de curcuma possède notamment les propriétés de réduire le nombre de bactéries et de supprimer l’oxydation des graisses.

Autres usages

En Inde, pendant les fêtes de Divali :

Le tilak, marque rouge apposée au front de la personne à bénir, est faite à partir d’un mélange de poudre de curcuma et de chaux ;

Le curcuma fait partie des offrandes aux divinités.

Le curcuma est utilisé dans les cérémonies de mariage :

En Inde ;

Dans certaines îles du Pacifique.

Le curcuma est également utilisé comme peinture corporelle sur les femmes enceintes et sur les enfants :

En Polynésie française, il était par exemple appliqué sur le ventre des femmes enceintes à partir de six mois de grossesses ;

Dans d’autres pays asiatiques (Birmanie, Cambodge, ancienne Cochinchine), il était utilisé en pâte ou en poudre pendant l’accouchement.

Le curcuma fut utilisé dans des rites funéraires :

En Inde ;

En Polynésie française: mélangé à de l’eau et associé à de la nourriture, il était déposé près des morts. Ce rite était supposé alimenter les morts au cours de leur dernier voyage14 ;

Dans le sud-est asiatique (Cambodge, Birmanie), les corps étaient frottés avec du curcuma4.

Le jaune végétal curcuma est identifié avec le code NY3 dans le Colour Index.

Au Moyen Âge, le curcuma était utilisé :

Comme colorant pour cacheter les lettres à l’aide des sceaux en forme de petits pains à cacheter ;

Comme couleur pour réaliser des enluminures, ou des peintures (comme dans l’art indien Patta Chitra).

Le curcuma est utilisé comme indicateur de pH naturel (couleur jaune en milieu acide, couleur brun-orangé en milieu basique).

En cosmétique, les shampooings indiens contenaient du curcuma, parmi d’autres épices.

En Europe, le curcuma était utilisé pour la teinture des savons (mélangé à de l’indigo pour obtenir des savons de couleur verte).

Il existe des huiles essentielles de curcuma.

En Inde, alors que les feuilles de palmier de Palmyre servaient de support pour l’écriture, elles étaient enduites de poudre de curcuma pour prévenir les attaques des insectes.

 

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